Couleurs rivage

Teinturière, installée à Bordeaux.

Kasia est née en France, d’un père polonais et d’une mère francaise. Elle a grandi à Lille, c’est une ville qu’elle a quitté difficilement pour partir travailler en région parisienne.

Après quelques années dans la vallée de Chevreuse, elle s’est finalement installée tout près de Bordeaux, dans une petite ville bordée de vignes et non loin du bassin d’Arcachon, qui est une grande source d’inspiration pour elle.

Nos co-créations : Drap de plage MILA

Kasia a fait un doctorat de chimie afin de travailler dans la restauration d'œuvres d’art, elle s’est ensuite orientée vers la recherche et le développement, du CNRS à la startup.

Puis avant ses 40 ans, elle a voulu changer de cap et a suivi une formation en teinture végétale. Son passé de chimiste est un grand atout pour son métier actuel de teinturière, “rien ne se perd tout se transforme” d’après ses propos.

Depuis l’enfance elle affectionne tout particulièrement les couleurs et notamment la peinture, sa maman lui a aussi transmis le goût pour la nature. Elle y puise une parfaite harmonie !

Elle s'inspire...

de ses voyages, des cultures lointaines, des paysages sauvages, mais aussi des jardins très travaillés, l’art nouveau, les arts premiers…

Un peu de technique…

Tout commence par,

la couleur qui résonne en elle à un moment donné, c’est souvent une histoire de saison, de vision, d’impression… Cela navigue souvent entre les verts et les bleus bien que les couleurs chaudes de terres ocres, rouges ou brunes l’attirent également. Puis elle réfléchit au motif qu’elle souhaite développer pour qu’il fasse écho à cette couleur. Cela peut être aussi quand certains motifs shibori venus du Japon ou des motifs venus des d’Afrique découverts au cours de ses recherches l’interpellent, l’intriguent et l’a font voyager…

La teinture végétale associée aux motifs shibori est un très long processus rythmé par des moments quasi méditatifs. D’abord le décatissage qui permet de débarrasser certains tissus des apprêts utilisés dans l’industrie textile. Puis vient l’étape du mordançage du tissu à l’aide d’alun très généralement qui crée le lien entre la fibre textile et le pigment. Celui-ci peut se faire en plusieurs étapes pour améliorer la durabilité de la teinture sur les fibres végétales notamment, telles que le lin, le chanvre, la ramie, le coton à l’aide d’un bain préalable à la noix de galle riche en tanins.

Ensuite vient l’étape de la conception du motif shibori, les réserves sont obtenues par ligature (tie and dye), par pliage ou par des coutures. En fonction de son degré de complexité, les repères du motif doivent être tracés pour réaliser les compressions par des nœuds en fin de chaque fil. On peut alors passer à la teinture. Les cuves sont préparées par décoction de végétaux ou de récupération des déchets de cuisine, ou bien simplement en infusant des extraits végétaux. C’est après ces étapes que le motif est enfin révélé en défaisant les pliages, les ligatures ou les coutures, c’est un instant magique.

Toutes ces étapes sont ponctuées par des rinçages et séchages intermédiaires. Il ne « reste » alors qu’à passer à la conception des pièces !